Interim Management Case - Plastiflex


Des conditions claires : la clé du succès d’une restructuration réussie


Plastiflex, fabricant de tuyaux flexibles en matière plastique, dispose de sites de production dans neuf pays. Le site espagnol a récemment dû faire l’objet d’une restructuration et d’un recadrage de sa politique commerciale. Deux missions d’ampleur, qui ne pouvaient être confiées au premier venu, comme nous l’explique Johan Miermans, CEO.

Qu’est-ce qui a motivé la restructuration de votre site en Espagne ?
Johan Miermans : Notre site espagnol produit essentiellement des tuyaux pour robots de nettoyage automatique de piscines. Or, partout dans le monde, le secteur de la piscine est étroitement lié à celui de la construction, un secteur en pleine récession en Espagne. Qui plus est, l’approche commerciale n’était plus adaptée. Le plus simple aurait été de fermer boutique, mais c’est une procédure coûteuse, qui présente l’inconvénient supplémentaire de couper le lien avec la clientèle. Une clientèle alors impossible à récupérer, même si l’économie redémarre. Nous nous sommes séparés du directeur local, qui n’était pas en mesure de procéder aux adaptations nécessaires, avant de rechercher la personne susceptible de garantir la continuité et de prendre les mesures qui s’imposaient : adapter la structure de coûts en réduisant le nombre de collaborateurs, tout en revoyant l’approche commerciale de l’entreprise. Nous étions dos au mur – une position dont l’unique avantage est qu’on ne peut plus faire marche arrière.

Pourquoi Essensys ?
Johan Miermans : Mes emplois précédents m’avaient souvent amené à conclure des contrats intérimaires, grâce auxquels j’avais découvert Essensys, une entreprise avec laquelle Plastiflex a également travaillé l’année dernière. Nous possédons une filiale néerlandaise, Variant, active au Benelux et en Allemagne. Il s’agit d’une entreprise de distribution, et non de fabrication comme Plastiflex. Nous avons décidé d’adapter la structure de coûts et de jeter les bases d’une nouvelle structure commerciale qui dote cette filiale d’un avenir propre. Et quand, à la fin de l’année dernière, nous nous sommes mis à la recherche d’un candidat pour notre site espagnol, nous avons repris contact avec Essensys. En effet, nous sommes partis du principe qu’il ne serait pas simple de trouver, depuis la Belgique, la perle rare pour un site de production relativement modeste des environs de Barcelone. Après avoir exploré différentes pistes, nous avons cependant estimé­ que le candidat proposé par Essensys, une "dame de fer" espagnole, constituait le meilleur choix.

Ne disposiez-vous pas en interne du savoir-faire pour assurer cette mission temporaire en Espagne ?
Johan Miermans : Nous recherchions quelqu’un qui maîtrise toutes les subtilités de la législation sociale espagnole. Il fallait supprimer des emplois mais, en même temps, affronter l’avenir avec une équipe motivée. La production était bonne et on ne pouvait se contenter de céder les rênes à un responsable d’un autre de nos sites. En outre, il fallait également être attentif à la communication avec nos collaborateurs et nos clients espagnols. Ceux-ci doivent savoir qu’ils peuvent entretenir une relation bonne et durable avec Plastiflex. Autant de considérations qui rejoignent la stratégie du groupe dans son ensemble. La crise a bien entendu affecté notre chiffre d’affaires, mais les bénéfices demeurent appréciables et nous avons investi dans l’innovation.

Comment s’est déroulée cette mission d’interim­ management en Espagne ?
Johan Miermans : Au départ, cette mission devait durer six mois. Au final, il en aura fallu neuf pour la mener à bien. Mais cela a porté ses fruits et l’interim manager a laissé un excellent bilan derrière elle. La restructuration est un succès et la structure commerciale­ a été repensée en profondeur, sans pour autant perdre les clients existants ni brader les prix. Le site emploie aujourd’hui une vingtaine de collaborateurs motivés et, en finalité, heureux que le siège soit inter­venu. La vérité du terrain est implacable : les gens savaient qu’il fallait agir avec détermination et sont heureux d’avoir à nouveau des perspectives d’avenir. Aujourd’hui, le site a un nouveau Plant Manager, espagnol. C’est un dossier que j’ai suivi personnellement et dans lequel l’interim manager n’a pas été impliqué car nous avions décidé de bien séparer ces deux opérations.

Selon vous, de quoi dépend le succès d’une mission de transition ?
Johan Miermans : En tant que client, vous devez définir très clairement, avec le bureau concerné, la mission, le contrat et les conditions d’exécution, le tout devant être conjugué à la liberté d’action de l’interim manager­. Il faut donner confiance, en mettant en place un système de contrôle financier depuis le siège. Les conditions d’exécution de la mission doivent être très clairement définies. Notre interim manager espagnol a fait son travail de façon non conventionnelle, avec les gens sur place et en tenant compte de l’intérêt de l’entreprise. Elle a sélectionné les collaborateurs maintenus en place sur la base des compétences et d’intelligence émotionnelle. S’il est bon, un nouveau manager­ sait souvent, après deux ou trois mois dans l’entreprise, ce que l’entreprise doit faire pour tendre vers un mieux. Si on a le courage de coucher les choses sur papier et d’y travailler, on peut sérieusement progresser. C’est l’avantage qu’apporte un interim manager­ suffisamment lucide et courageux.

Quel a été le rôle d’Essensys au cours de la mission ?
Johan Miermans : Essensys a assuré un bon suivi de la mission. Mais le plus important a été le démarrage, bien sûr. Je l’ai dit : il est très important de parfaitement définir la mission. Pour le reste, Essensys sait dénicher­ les bons candidats. La mission était claire : faites ce qu’il y a à faire, mais ne comptez pas concrétiser vos projets à coup de millions injectés par le siège. L’interim manager a fait preuve de créativité. Et il n’était pas évident de trouver une telle personne en Espagne depuis la Belgique.


Profil d'entreprise
  • Développement, production et distribution de tuyaux flexibles en matières plastiques pour marchés de niche.
  • PME internationale, propriétaire de sites de production en Belgique, Espagne, Slovaquie, Australie, Chine et Amérique du Nord.
  • 700 collaborateurs (dont 80 au siège et sur le site de production de Paal-Beringen).
  • Entreprise américaine à l’origine, rachetée par des investisseurs belges au début des années 1990.
  • Comité de direction à coloration internationale.
  • Chiffre d’affaires de 60 millions d’euros environ.

Solutions by
1. Énoncer clairement la mission et ses conditions d’exécution.
2. Sélectionner un interim manager­ approprié­ pour une mission en Espagne­.
3. Suivi de la mission jusqu’à la restructuration­ et le recadrage de la structure commerciale.

Quote:
“La vérité du terrain est implacable : les gens savaient qu’il fallait agir avec détermination et sont heureux d’avoir à nouveau des perspectives d’avenir.”
Johan Miermans, CEO Plastiflex