Article Sense - OIP Sensor Systems
Pas de croissance sans continuité et qualité
L’entreprise OIP Sensor Systems, située à Audenarde, est spécialisée dans la conception, le développement, la production et la vente d’instruments optoélectroniques destinés à l’industrie aérospatiale et à un large éventail d’applications de sécurité et de défense. En 2008, l’entreprise a eu besoin d’urgence d’un manager de production. Celui-ci devait, à court terme, être capable de diriger une équipe de 23 personnes.
OIP Sensor Systems fait-elle figure d’exception parmi les entreprises belges ?
Marc Allegaert : En effet. Nous sommes la seule entreprise belge spécialisée dans l’assemblage d’instruments optoélectroniques destinés à des applications de sécurité et de défense. OIP a été fondée en 1919, à la demande des autorités belges. Jusqu’en 1914, les instruments optiques destinés à l’armée étaient importés d’Allemagne. Après la Première Guerre mondiale, cela n’a plus été possible. OIP signifie Optique et Instruments de Précision. Nous avons commencé à Gand, avec la fabrication de jumelles. Ensuite, nous sommes passés aux microscopes et aux caméras. Nous avons été les premiers en Europe à fabriquer un laser. En 1988, nous sommes devenus une filiale de Delft Instruments, et en 2003, nous avons été rachetés par Elbit Systems, une société cotée en bourse. Ce groupe réalise un chiffre d’affaires de 2,8 milliards de dollars et emploie 11.000 personnes au total.
Pour quels clients travaillez-vous en 2010 ?
Marc Allegaert : La plupart de nos produits ont un rapport avec « l’observation » et nos clients sont actifs dans les domaines de la défense, la sécurité et l’industrie aérospatiale. Pour l’industrie aérospatiale, nous ne fabriquons pas de satellites, mais des instruments d’observation. Depuis peu, nous assurons également leur intégration dans les satellites. En matière de sécurité, il ne s’agit pas de dispositifs de protection destinés aux maisons et aux jardins, mais d’instruments d’observation destinés par exemple aux contrôles frontaliers et à la sécurité des aéroports et des ports maritimes. En matière de défense, nous fabriquons des produits comme des équipements de vision nocturne et des caméras thermiques et, de nouveau, tout ce qui se rapporte à l’observation, par exemple des viseurs tête haute pour avions et hélicoptères.
Comment vous positionnez-vous sur le marché ?
Marc Allegaert : Nous sommes une entreprise qui travaille sur la base de projets. Nous fabriquons des produits sur demande. Les commandes sont donc toujours différentes. Nous sommes dès lors dépendants de la demande, qui est actuellement en augmentation. En 2008, notre chiffre d’affaires est passé de 17 à 40 millions d’euros. Il a grimpé à 52 millions d’euros en 2009 et devrait, en 2010, demeurer plus ou moins stable. En 2011, notre plan stratégique prévoit une nouvelle phase de croissance, soutenue par notre propre croissance d’une part et par les acquisitions réalisées par notre société mère d’autre part. Il est agréable de bénéficier du soutien d’un groupe aussi puissant. Depuis notre reprise par Elbit Systems, notre position sur le marché s’est grandement renforcée. En effet, notre société mère nous a permis d’entrer sur le marché mondial. Nous exportons désormais vers l’Amérique du Sud, l’Afrique du Nord, l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient.
Quelle importance attache OIP Sensor Systems à l’innovation ?
Marc Allegaert : Nous employons une centaine de collaborateurs, dont 80% sont hautement qualifiés. Pour vous donner une idée, notre département
engineering en compte une trentaine. Nous avons également un département
marketing & sales, un département
operations qui dispose de services de soutien, et enfin le management. Notre département
engineering est quant à lui spécialisé dans les 3 disciplines suivantes : électronique, optique et design mécanique. Nous concevons nos propres produits et exécutons également des missions d’engineering rétribuées, principalement pour l’industrie aérospatiale. L’innovation est cruciale pour une entreprise comme la nôtre. Nos clients nous demandent constamment des produits plus petits, plus efficaces, plus légers et moins chers. La garantie de qualité reste cependant essentielle : la durée de vie de nos produits doit en effet aller de 15 à 20 ans, ce qui exige un contrôle de qualité énorme. Les défis ne manquent pas. Actuellement, nous mettons au point un SLI, Soutien Logistique Intégré (ILS-Integrated Logistics Support). Il s’agit d’un système qui contrôle le vieillissement des produits et calcule leurs futurs coûts d’entretien, ce qui permet au client de savoir ce à quoi s’attendre.
Trouvez-vous suffisamment de collaborateurs hautement qualifiés pour ce type de travail de haute technologie ?
Marc Allegaert : Il faut trouver les meilleurs ingénieurs. Au cours de ces 4 dernières années, nous avons engagé 50 collaborateurs, tandis que 15 ont pris leur retraire. L’époque où l’on ne trouvait ces ingénieurs qu’en Belgique est révolue. Nous avons également des ingénieurs britanniques et français. Ajoutez-y les quelques expatriés israéliens et vous obtenez un environnement international. Cela exige certains efforts au niveau des ressources humaines. Il faut en effet tenir compte de toutes les nationalités, même si la langue de travail est généralement l’anglais. Heureusement, depuis un an ou deux, nous avons un manager RH à temps plein. En matière de formation continue, nous proposons des formations externes générales, par exemple des formations de gestion du temps, ou des formations spécialisées à l’étranger, particulièrement lorsqu’il s’agit d’optique ou de mécanique.
En 2008, vous recherchiez un manager de production ad interim. Pourquoi souhaitiez-vous une personne extérieure ?
Marc Allegaert : Nous avons fait ce choix en raison de notre croissance rapide. Nous devions lancer une nouvelle ligne de production et passer par un transfert de technologie. Notre manager de production était la personne qu’il nous fallait. Nous aurions pu demander à une personne extérieure de prendre en charge cette nouvelle ligne, mais sa connaissance des produits aurait été insuffisante. Nous avons donc décidé de confier provisoirement les tâches de notre manager de production à une personne extérieure. Vu notre croissance rapide, nous employons en effet de nombreux jeunes collaborateurs, mais aucun d’entre eux n’était prêt à assumer cette responsabilité.
Pourquoi vous êtes-vous adressé à Essensys ?
Marc Allegaert : Nous n’avions aucune expérience d’interim management. J’ai fait des recherches sur Google et j’en ai parallèlement
ai parlé à mon entourage. C’est ainsi que j’ai contacté Marc Crombez et Essensys. La sélection s’est déroulée de manière classique : un premier entretien pour déterminer le profil adéquat, après une dizaine de jours, Essensys a proposé plusieurs candidats, à la suite de quoi, nous avons eu un ou deux entretiens. Et enfin, arrive le moment de faire un choix, en
vnous fiant à
vnotre intuition et à celle d’Essensys. Essensys nous a accompagnés au travers de ce processus de manière très professionnelle, en toute transparence. Notre entretien mensuel sur l’avancement de la sélection se déroulait en présence de notre manager de production. J’ai moi-même beaucoup appris, car dans le cadre de ma fonction de directeur financier, je ne suis pas tous les jours sur le terrain.
En quoi consistait la tâche du manager de production ad interim?
Marc Allegaert : Il devait diriger une équipe de 23 collaborateurs, assurer la continuité et déceler en temps utile les baisses de rendement. Il s’en est plutôt bien sorti et s’est très vite intégré. Il organisait des réunions en cas de nécessité et a rapidement adopté les réactions adéquates.
Quels sont facteurs de succès qui ont contribué à la réussite de sa mission ?
Marc Allegaert : Il disposait tout d’abord d’un véritable sens pratique. Pour une telle mission, il faut pouvoir travailler de manière autonome et prendre ses responsabilités. Etre capable de rallier ses collaborateurs à sa cause et avoir la capacité de motiver ses troupes sont également des caractéristiques essentielles. Notre interim manager n’avait jamais travaillé dans ce secteur. Cela aurait d’ailleurs été plutôt difficile étant donné le caractère unique de notre entreprise. Mais il avait une certaine expérience opérationnelle qui s’est avérée très utile.
La présence du manager de production interne dans l’entreprise ne rendait-elle pas la situation étrange, même si celui-ci occupait un autre poste temporaire ?
Marc Allegaert : Pas vraiment. Notre manager de production interne s’est totalement impliqué dans sa nouvelle fonction qui consistait à développer une nouvelle ligne de production. Il n’y a pas eu de friction entre eux. Le manager de production ad interim est finalement resté presque deux ans. Son contrat stipulait une période d’un an, avec possibilité de prolongation. C’est ce qui est arrivé, car entre-temps, nous avons également souhaité mettre en place un progiciel de gestion intégré (Enterprise Resource Planning - ERP). Après cette mission, notre manager de production a tout simplement repris sa place, la transition s’est déroulée sans encombre, sur le plan humain également.
Quelles leçons tirez-vous de cette première expérience d’interim management ?
Marc Allegaert : Cela peut en valoir la peine pour tester les solutions proposées sur le marché. En phase de croissance surtout – et c’était le cas chez nous avec cette nouvelle ligne de production – l’équipe de management ne doit pas hésiter à sortir des sentiers battus, à examiner les solutions qui s’offrent à elle. Il ne faut pas croire que l’on peut toujours tout gérer seul. A première vue, ce n’est pas la solution la moins chère. Mais après coup, cette décision s’est avérée être la bonne.
Seriez-vous disposés à renouveler l’expérience ?
Marc Allegaert : Depuis lors, nous avons temporairement engagé un responsable des achats, également via Essensys. Et nous venons d’attribuer une troisième mission. Cette solution coûte-t-elle vraiment plus cher? Elle peut en tout cas être plus rentable qu’un recrutement précipité et improvisé. Dans notre cas, notre chiffre d’affaires l’a démontré. L’objectif a été atteint, car les produits ont été livrés à temps, sans que la qualité en souffre. Mission accomplie!