Article Sense - Friesland Campina
S'intégrer à la culture de l'entreprise, c'est la clé du success
En 2007 déjà, la coopérative laitière Campina occupait déjà une place importante sur le marché belge des produits laitiers. Avant sa fusion avec Friesland Foods, l’entreprise recherchait un interim manager pour le département Operations Controlling de son site d’Aalter. Patrick Muylle, Directeur RH Belgique chez FrieslandCampina Consumer Products, nous explique ce qu’il s’est passé ensuite.
Commençons par cette fameuse fusion entre Friesland Foods et Campina. A-t-elle provoqué de grands bouleversements sur le marché ?
Patrick Muylle : Le nouveau groupe FrieslandCampina est né de la fusion de deux coopératives néerlandaises aux ambitions internationales. Il emploie au total environ 20.000 collaborateurs, principalement basés en Europe mais aussi en Extrême-Orient, par exemple. FrieslandCampina est aujourd’hui la première coopérative laitière et la troisième entreprise laitière mondiale. Donc oui, cette fusion n’est pas passée inaperçue.
Où se situe l’implantation d’Aalter par rapport au groupe ?
Patrick Muylle : FrieslandCampina n’est pas organisée par pays, mais dispose d’une structure internationale. Nous faisons partie du groupe Consumer Products, qui possède dans notre pays des implantations à Aalter, Sleidinge et Bornem. Nous produisons du lait, de la crème, des yaourts, des desserts, du lait chocolaté, etc. Une autre filiale s’occupe de la transformation professionnelle des matières grasses laitières. C’est-à-dire du fromage et du beurre. La division belge de cette filiale, située à Klerken en Flandre occidentale, va fermer. Enfin, nous avons l’activité professionnelle de production de lait en poudre et de ce que l’on appelle les "composants du lait". Il s’agit d’une division autonome au sein du groupe, qui dispose d’usines et de bureaux dans toute l’Europe. Cette filiale, située à Lummen, travaille uniquement pour les entreprises (B2B), notamment de l’industrie pharmaceutique et de l’industrie agro-alimentaire. Jusqu’à la fusion, nous travaillions bien sûr côte à côte. Le site d’Aalter faisait partie de Campina. Friesland Foods produisait des boissons lactées telles que Fristi et Cécémel à Bornem. L’usine de Lummen, qui produit la marque Debic, faisait également partie de Friesland Foods.
Fin 2007, Campina recherchait un interim manager pour son département Operations Controlling. Expliquez-nous pourquoi.
Patrick Muylle : Le siège de Campina Consumer Products Europe, situé aux Pays-Bas, a demandé à notre directeur financier d’Aalter d’exercer provisoirement la même fonction, mais à l’échelle du groupe. Son bras droit, notre Manager Operations Controlling, est alors devenu directeur financier ad interim, et nous avons donc dû lui trouver un remplaçant, également à titre temporaire.
En quoi consiste la fonction de Manager Operations Controlling ?
Patrick Muylle : C’est un ensemble de missions qui s’ajoutent à la comptabilité générale. Il s’agit véritablement d’activités de contrôle. Par exemple, établir des rapports sur des données périodiques en matière de production et de logistique, définir les budgets annuels, préparer les dossiers d’investissement et la gestion des coûts. C’est un poste qui, en fait, a toujours été un bon tremplin vers une fonction de management général.
En interne, personne n’était prêt à reprendre cette fonction, même temporairement ?
Patrick Muylle : À l’époque, non. L’équipe était composée de très jeunes économistes qui n’étaient pas encore prêts à franchir cette étape. De plus, le marché du travail était très tendu à l’époque et quelques collaborateurs venaient juste de quitter l’entreprise. L’aide devait venir de l’extérieur ; c’était la seule solution.
Vous avez donc opté pour un interim manager. Aviez-vous déjà une expérience dans ce domaine ?
Patrick Muylle : En 2004, nous avions déjà engagé un responsable achats de transition. Et en 2006, alors que la fromagerie Passendale appartenait encore à Campina, nous avons eu besoin d’un Account Manager et d’un Key Account Manager Wholesesale. La fromagerie Passendale a été vendue un an plus tard, en 2007, au groupe français Bongrain. Ce responsable achats n’était pas du secteur, mais nous l’avons choisi afin de disposer temporairement d’un acheteur surqualifié pouvant être opérationnel très rapidement. Par la suite, il a été élu Interim Manager de l’Année, ce qui n’est pas rien. Nos deux account managers possédaient déjà une certaine expérience en matière de biens de grande consommation. Mais bon, à part cela, on ne peut pas dire que nous sommes de grands utilisateurs du management de transition. Je sais que certaines entreprises engagent des managers de transition pour réaliser des projets, ou pour gérer des changements. Cette façon de travailler n’est pas ancrée dans notre culture d’entreprise. Cela dit, en l’occurrence, nous avions une raison pratique d’y avoir recours.
Comment êtes-vous entré en contact avec Essensys en 2004 ?
Patrick Muylle : Par le bouche-à-oreille. En demandant à des collègues comment ils avaient résolu tel ou tel problème, j’en ai entendu parler. Les trois missions dont je viens de vous parler se sont bien déroulées, il était donc logique que nous nous tournions à nouveau vers Essensys.
Quelle a été l’approche d’Essensys pour ce nouveau dossier ? Ce n’est pas la peine de dire qu’Essensys est fantastique, mais...
Patrick Muylle : Essensys est fantastique! (rires). Non, sérieusement : ils ont bien travaillé. Deux aspects étaient essentiels. Premièrement, en tant que prestataire de service externe, vous devez bien comprendre la mission, sans quoi vous ne pourrez pas sélectionner les bons candidats. Et deuxièmement, Essensys a réagi avec une rapidité incroyable. J’ai eu un premier contact téléphonique avec Michel Van Hemele. Celui-ci s’est ensuite entretenu avec le directeur financier et moi-même. Nous lui avons expliqué ce qui était important à nos yeux. Le récit classique, en somme. La réponse est arrivée très rapidement, après quelques jours, il nous présentait trois managers de transition potentiels. Un candidat s’est immédiatement démarqué. Nous avons tout de suite compris que cela fonctionnerait avec lui. Il était universitaire, avait travaillé pour une entreprise portuaire et ensuite en tant que Group Finance Manager dans une autre entreprise. La procédure de sélection s’est également déroulée très rapidement. Je crois qu’il ne s’est écoulé qu’une semaine entre la présentation du profil des candidats et la signature du contrat.
Vous dites qu’Essensys devait bien comprendre la mission. Quelle était cette mission? En d’autres mots, quel profil Essensys devait-il rechercher pour vous ?
Patrick Muylle : L’expérience du candidat était importante, ainsi que ses compétences techniques. Mais la qualité première de l’interim manager recherché était qu’il puisse s’intégrer dans notre culture d’entreprise, même s’il ne s’agissait que d’une mission temporaire. Un jeune ou un nouveau collaborateur échouent rarement par manque de compétences techniques. Mais bien parce qu’ils ne parviennent pas à adhérer à la culture de l’entreprise. Un exemple : chez FrieslandCampina, nous ne fabriquons pas des produits de luxe, et nous sommes, à l’origine, une coopérative d’éleveurs laitiers. L’un de nos anciens CEO l’a un jour joliment exprimé : nous faisons quelque chose d’ordinaire, mais nous le faisons de manière professionnelle. Sommes-nous quelque peu ennemis de la hiérarchie? C’est possible. Informels? Aussi! Cela ne nous empêche pas de travailler très dur et de disposer d’applications de haute technologie. Nous sommes une entreprise professionnelle et industrielle. Nous tentons de faire oublier l’image désuète du producteur laitier débarquant avec son pot à lait. Nos ingénieurs industriels et nos collaborateurs financiers ne s’ennuient pas…
Quelles ont été les tâches de l’interim manager proposé par Essensys ?
Patrick Muylle : Toutes celles que je viens d’énumérer, plus une autre, s’inscrivant dans la logique de l’engagement d’un interim manager : nous lui avons demandé de vérifier certains de nos processus de son point de vue d’expert. Il s’y est employé, d’une part, en participant à des groupes de projet, ce qui lui a permis d’apporter sa contribution en toute impartialité et, d’autre part, en prenant en mains un problème spécifique autour du reporting de certains coûts du personnel et de l’interaction avec le service du personnel.
Comment s’est passée la collaboration avec la personne que l’interim manager devait remplacer ? Celle-ci travaillait en effet toujours dans l’entreprise.
Patrick Muylle : Ce fut une bonne chose pour notre interim manager. Il a pu obtenir les informations directement auprès de son prédécesseur, au lieu de les glaner ci et là dans l’entreprise. À tout moment, il a pu se tourner vers la personne dont il avait temporairement repris le poste. Ils avaient pratiquement le même âge et partageaient les mêmes idées sur nombre d’aspects, tout en se laissant mutuellement suffisamment d’espace. Sans cette entente, cela aurait été beaucoup plus difficile. Ils étaient sur la même longueur d’onde, si bien qu’Essensys n’a jamais dû intervenir au cours de la mission. Bien sûr, nous avions régulièrement des contacts téléphoniques avec Essensys, afin de suivre la progression des événements.
La mission a-t-elle pris fin comme prévu initialement ?
Patrick Muylle : Eh bien, en fait, notre interim manager est toujours là et ce, en raison de la fusion entre Campina et Friesland Foods. Fin 2007, nous étions partis du principe qu’il resterait sept mois à Aalter. C’était le temps que notre directeur financier devait passer aux Pays-Bas – du moins c’est ce que nous pensions. Notre directeur financier aux Pays-Bas devait remplacer un collaborateur qui avait reçu temporairement une "autre mission". Cette autre mission, mais nous ne le savions évidemment pas à l’époque, était la préparation de la fusion entre Campina et Friesland Foods. Après la fusion avec Friesland Foods, notre ancien directeur financier a obtenu la même fonction à l’échelle de l’ensemble du groupe et notre ancien Manager Operations Controller a été définitivement promu au poste de directeur financier. Nous avons demandé à notre interim manager de prolonger son contrat. En janvier de cette année, nous avons décidé, en concertation avec Essensys et notre interim manager, de mettre un terme à la mission à la fin du mois et de préparer sa succession. Le 28 janvier, il nous a même envoyé un très bel e-mail d’adieu.
Mais...
Patrick Muylle : Depuis, de nouveaux événements se sont produits. Fin janvier, nous avons appris que le siège de FrieslandCampina souhaitait mettre en place un nouveau système de reporting au sein du groupe. Nous avons alors demandé à notre interim manager de rester quelques mois de plus, afin de mettre ce nouveau projet sur les rails. Une dernière prolongation, à l’accent différent cependant, puisque la teneur de la mission n’est plus la même. Et entre-temps, nous avons pourvu le poste de Manager Operations Controlling en interne.