Sense Case - Baudet


Le redressement est une question de confiance et d’engagement


En tant que Président et actionnaire principal du concepteur d’ « espaces-bain préfabriqués » Baudet, Benoît Durand a été amené à prendre des décisions délicates pour redresser sa société. Des choix difficiles mais indispensables pour faire redémarrer l’entreprise sur des bases saines.

Quelle était la situation quand vous avez fait appel à Essensys ?
Benoît Durand : Baudet, leader français des salles de bains préfabriquées est une société dont l’activité se situe au carrefour de l’industrie et du bâtiment. Nous assurons une prestation complète, de la conception à l’installation sur site, ce qui rend la durée du cycle d’exploitation relativement longue et sa gestion compliquée. Jusqu’en 2004, nous avons dégagé de bons résultats mais, à partir de 2005, la société a adopté une stratégie de croissance rapide, alors que les fondamentaux étaient insuffisamment maîtrisés.

Quelles ont été les conséquences de cette croissance non ou mal maîtrisée pour Baudet S.A. ?
Benoît Durand : Nous avons été confrontés à une dégradation progressive de notre rentabilité et de notre trésorerie. Ce repli a culminé en 2008 avec une perte de 2,3 millions d’euros, pour un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros. La société n’a finalement plus eu d’autre choix que de déposer son bilan. Elle a été mise en Redressement Judiciaire en juin 2009. Le carnet de commandes permettait, certes, d’assurer une activité jusqu’à la fin de l’année 2009, mais non rentable car nous étions confrontés à un sureffectif chronique et des surcapacités de production. Pour y remédier, il nous fallait absolument réduire les effectifs et fermer l’un de nos trois sites de production. Si on ajoute à ce sombre tableau des outils de gestion peu fiables, on comprendra que la situation de Baudet S.A. était plus que précaire. Pour être clair, nous étions en danger de disparaître purement et simplement.

Et à quoi attribuez-vous ce manque de visibilité auquel vous venez de faire allusion ?
Benoît Durand : Cette situation résultait de la conjonction de plusieurs phénomènes. Par exemple, la force commerciale n’était plus managée depuis que le Responsable Commercial était parti. Cette désorganisation commerciale nous a coûté très cher… Plus généralement, il s’agissait chez Baudet d’un manque de maîtrise de l’ensemble des processus : commercial, études, achats mais aussi fabrication et installation (pose sur site). Le fonctionnement général de l’entreprise était en cause.

Pourquoi ne pas avoir jeté le gant à ce moment-là ?
Benoît Durand : Parce que je crois profondément au concept de la préfabrication dans le secteur de la construction et que je voulais absolument éviter tout plan de cession. J’étais tout simplement persuadé que l’on pouvait repartir sur des bases saines mais, pour cela, il nous fallait un manager spécialiste des situations de crise. J’avais rencontré Bernard Tronel (Directeur Général d’Essensys France) dans le passé, c’est donc tout naturellement que je me suis adressé à lui.

Pourquoi avoir choisi un consultant externe ? N’existait-il pas d’alternatives crédibles au sein même de la société ?
Benoît Durand : En interne, il n’y avait clairement pas de manager aguerri à ce type de situation. Vu l’urgence et la complexité de la situation, il nous fallait un manager familier des situations de crise afin d’être efficace dans les plus brefs délais. Nous avions besoin de prendre les problèmes à bras le corps, de faire l’interface avec tous nos interlocuteurs, de remotiver la force commerciale… Bref, quelqu’un capable de redynamiser la société et de prendre notamment rapidement les mesures de réduction de coûts qui s’imposaient.

Quelles étaient les tâches principales que vous entendiez confier à l’équipe externe, fournie par Essensys ?
Benoît Durand : La mission a été accomplie en deux temps. Tout d’abord, une première phase que je qualifierais de restructuration opérationnelle comprenant : un plan de réorganisation générale, tant commerciale qu’industrielle, un plan de réduction d’effectif et un plan de recouvrement des créances échues. Dans un deuxième temps nous nous sommes attaqués à la redynamisation de la force commerciale, la fermeture d’un des 3 sites de production et la mise en place progressive d’outils de suivi de pilotage. Le tout pour redresser la situation mais aussi gagner ou regagner la confiance des clients et de l’administrateur judiciaire.

Était-ce votre premier recours au management de transition?
Benoît Durand : Non, nous y avions déjà recouru auparavant, auprès de confrères d’Essensys. Nous avions notamment envoyé quelqu’un en Chine par ce biais. Hélas, cette personne, malgré un cv flatteur, s’est révélée totalement inadéquate. L’expérience a tourné à la catastrophe. Pour être franc, nous avons eu aussi un problème avec l’un des managers mis en place en juillet 2009 par Essensys … Non pas au niveau des compétences techniques mais d’un point de vue comportemental, ce qui a conduit à son remplacement à la fin de la mission initiale.

Quelle a été la réaction d’Essensys ?
Benoît Durand : J’ai contacté Bernard Tronel et lui ai exposé la situation. Je dois dire que j’ai été rassuré par son attitude. Après avoir écouté mes arguments et fait sa propre analyse de la situation, il a pris ses responsabilités et a rapidement trouvé un autre manager. Son attitude a été déterminante dans le maintien de ma confiance. Sans lui, je ne suis pas sûr que j’aurai persévéré dans cette expérience de management de transition.

A combien de reprises avez-vous eu recours aux services d’Essensys ?
Benoît Durand : En fait, il y a eu 3 missions en parallèle avec quatre managers, si on compte le malheureux épisode déjà évoqué, étroitement coordonnées par Bernard Tronel lui-même. Outre un poste de responsable opérationnel, nous avons eu également besoin d’un responsable commercial. Et enfin, une courte mission de reporting commercial pour nous aider à y voir plus clair dans ce domaine. Les deux managers actuellement en place (Opérations et commercial) sont en poste jusqu’en juillet 2010. Nous sommes tellement satisfaits que nous envisageons de leur proposer un contrat à durée indéterminée à l’issue de la mission en cours.

Qu’avez-vous particulièrement apprécié dans l’approche d’Essensys ?
Benoît Durand : Leur réactivité ! Quand une société est en danger, c’est vraiment une qualité fondamentale. Je citerais aussi leur engagement sur les missions qu’on leur confie. Ils suivent sans cesse les personnes qu’ils envoient, ce qui est très rare et pourtant essentiel dans ce genre d’activité de management de transition. L’expérience professionnelle de Bernard Tronel, ancien manager de transition lui-même, n’y est évidemment pas étrangère.

Quelle est alors, selon vous, la clé d’un partenariat réussi ?
Benoît Durand : Outre la réactivité et l’engagement que j’ai déjà mentionnés, je citerais également la transparence et la confiance. Dans le genre de situation que nous avons traversée, tout doit être dit franchement et directement, même si ce n’est pas toujours très agréable à entendre. C’est plus sain et c’est la seule façon d’avancer.

Pouvez-vous considérer que Baudet S.A. est désormais tirée d’affaires ?
Benoît Durand : Je ne veux pas être présomptueux, mais je pense que oui. Avec notamment l’aide précieuse des collaborateurs fournis par Essensys, nous avons, petit à petit, réussi à remonter la pente et à regagner la confiance de nos interlocuteurs, particulièrement celle de nos clients. Baudet est sorti de redressement judiciaire en février 2010 par l’adoption d’un Plan de continuation. C’est un immense soulagement et déjà une énorme satisfaction.

Pensez-vous avoir à nouveau recours aux services d’Essensys à court ou moyen terme ?
Benoît Durand : Il faut attendre la fin des missions en cours car nous sommes très engagés avec Essensys et leurs services sont de grande qualité mais aussi coûteux pour une PME comme Baudet. Pour l’heure, il ne nous est pas possible d’envisager d’autres collaborations à court terme. Cependant, dès que nous reviendrons à meilleure fortune, si l’occasion se présente, nous n’hésiterons pas à faire de nouveau appel à eux. Ils sont incontestablement les premiers sur notre liste.


Profil d'entreprise
  • Créée en 1992, Baudet est une S.A. au capital de 800 000 euros, dont le siège social est à Mouchamps (France).
  • La société conçoit, fabrique et installe des solutions « espace bain » pour l’hôtellerie, les collectivités, les maisons de retraites et hôpitaux...
  • Le capital est détenu à 100% par un holding (Baudinvest), lui-même détenu par des investisseurs privés.
  • En 2008, la société a réalisé un chiffre d’affaires de 25 millions d’euros, dont 40 % à l’exportation, avec 210 salariés et 3 sites de production.

Solutions d' Essensys
1. Mise en place d’un Directeur des Opérations capable de redresser la société, puis remplacement lors du renouvellement de la mission initiale.
2. Mise en place d’un Directeur commercial.
3. Refonte du système d’information commercial.
4. Suivi très étroit par Essensys
des performances des managers.

Quote:
“Quand une société est en danger, la réactivité est la qualité primordiale pour pouvoir redresser la barre.”
“Un vrai patron opérationnel doit savoir prendre les problèmes à bras le corps, redynamiser la société et prendre rapidement les mesures de réduction de coûts qui s’imposent.”
Benoît Durand, Président du Conseil d’Administration de Baudet S.A.