Article - L'Interim Management a la cote


Tendances - 03/2009

L’interim management a la cote

La crise a dopé le nombre de candidats managers «ad interim», constate ssensys, le leader du marché dans le domaine du management de transition. Quant aux entreprises, elles recourent depuis décembre à ses services essentiellement pour restructurer.

Par ces temps de crise, les cadres supérieurs qui se retrouvent sans emploi sont de plus en plus nombreux à postuler dans les sociétés spécialisées en interim management. «Durant le mois de février, nous avons été contactés par 96 candidats managers. Pour le même mois de 2008, ce nombre n’était que de 54», observe Michele Van Hemele, l’un des deux patrons actionnaires d’Essensys, le leader du marché dans le domaine du management de transition pour les fonctions dirigeantes. Mais ne devient pas directeur ad interim qui veut. «Sur les 96, nous en rencontrons en général entre 50 et 55 pour n’en retenir au final qu’entre 15 et 17. Notre sélection est très stricte», ajoute-t-il. Et pour cause : la société est rémunérée en fonction de ses résultats. Aujourd’hui, Essensys compte dans sa banque de données 1.870 profils susceptibles d’assurer des missions d’interim management dans différents domaines.

Né en Belgique au début des années 1990, mais d’origine anglo-saxonne, le métier de l’interim management est à présent entré dans les moeurs de la vie des entreprises. Selon un sondage réalisé par le bureau d’études Ipsos en novembre et décembre derniers auprès de 151 leaders d’opinion du monde économique belge, il apparaît que les sociétés belges font effectivement appel depuis longtemps aux interim managers: 26 % d’entre elles travaillent depuis plus de quatre ans avec des interim managers, 39 % depuis deux à quatre ans et 35% recourent à cette solution depuis moins de deux ans. Pour Michel Van Hemele, qui a dirigé la société d’intérim Creyf’s (devenue Solvus puis USG People) pendant une dizaine d’années, le marché belge présente un beau potentiel surtout quand on constate, toujours d’après le sondage d’Ipsos, que cette formule de gestion est encore peu connue ou utilisée par les directeurs RH.

Trois quarts des missions concernent des réductions de coûts

Cela dit, le métier évolue. En 2004 — date à laquelle Michel Van Hemele a racheté la société à Ernst & Young Belgique avec Marc Crombez — plus de la moitié des quelque 120 missions qu’assure en moyenne chaque année Essensys concernaient des missions de remplacement. En 2008, celles-ci ne représentaient déjà plus que 36%. Le solde des activités d’Essensys portait sur de la consultance dans un domaine bien précis (21%), la réalisation de projets (14%), l’amélioration opérationnelle et, enfin, des missions de restructuration voire de fermeture d’usine ou de filiale (4%). Dans ces deux derniers cas, Essensys réalise un plan de réorganisation et fournit «l’oiseau rare» qui l’exécutera.

Depuis décembre 2008, avec la crise, le métier a encore changé. «Trois quarts des demandes, indique Michel Van Hemele, concernent désormais des projets d’amélioration opérationnelle (réductions de coûts, amélioration de la rentabilité, etc.) ou de restructuration.»



MICHELE VAN HEMELE, PATRON D’ESSENSYS
«Durant le mois de février, nous avons été contactés par 96 candidats managers. Pour le même mois de 2008, ce nombre n’était que de 54.»

Copyright © 2009 Tendances (Sandrine Vandendooren), 03/2009


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