Article - "La responsabilité sociale reste une priorité" Enquête d'Essensys

L’Echo – Focus Carrière, 02/2009
"La responsabilité sociale reste une priorité"
Essensys, société d’interim management, a mené l’enquête sur le regard porté par ses clients sur l’environnement socio-économique actuel.
La société d’executive interim management Essensys, née de la scission en 2004 des activités de consultance de Ernst & Young, a sondé ses clients en novembre et décembre 2008 pour connaître le regard qu’ils portaient sur l’environnement socio-économique actuel et les défis à relever pour 2009. Quelque 151 top managers et leaders d’opinion ont répondu à cette enquête menée par le cabinet independent Ipsos. Ont répondu des filiales belges de multinationales, mais aussi de grandes sociétés belges ainsi que des institutions publiques, comme La Poste ou la SNCB (pas de PME, donc), dans des secteurs aussi divers que l’industrie, la finance, la consultance et le commerce. «Dans les réponses des managers, certaines nous ont étonnés, d’autres ont confirmé des idées communément partagées », affirme d’entrée Michel Van Hemele, managing partner d’Essensys.
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE N’EST PAS UNE MODE
Au rayon étonnement : les termes développement durable et environnement restent, malgré la crise, tout à fait d’actualité. 98 % des managers sont d’avis que le développement durable et la responsabilité sociale se révèlent utiles à la compétitivité à long terme de l’entreprise et 86 % pensent que les entreprises belges doivent endosser le rôle de chef de file dans ce domaine. Les managers restent cependant un brin opportunistes, comme le souligne Marc Crombez, également managing partner d’Essensys. «43 % des managers estiment que durant la crise économique et financière, d’autres priorités que le développement durable doivent être définies temporairement. Même si à long terme, le développement durable reste un objectif permanent, environ 4 managers sur 10 indiquent donc qu’une approche pragmatique au sein de la crise économique et financière constitue une nécessité. »
Une autre source d’étonnement concerne les matières sociales. «Nous sommes surpris de constater une prise de conscience chez 69 % des employeurs, qui considèrent que pour garder les employés et les cadres talentueux, il faut s’adapter à leurs besoins familiaux et répondre à la demande de flexibilité tant des femmes que des hommes, plutôt que d’exiger d’eux encore plus de disponibilité (31 %) », reprend Michel Van Hemele. En Hollande, ajoute-t-il, il est très courant de travailler 4 jours par semaine, même au plus haut niveau. « Nos voisins du Nord travaillent un peu plus sur quatre jours, mais ont presque institutionnalisé le long week-end », rappelle-t-il.
LES BANQUES ÉPARGNÉES
Une autre surprise concernait la crise financière. « 88 % des entrepreneurs ne rejettent pas la faute sur les banques. Ils expliquent avoir toujours reçu de l’argent à bon compte, presque gratuitement. Ils ont pu financer nombre de projets grâce à elles et se sentent coresponsables. Les banques s’en sortent donc assez positivement ! » 63 % affirment ne pas avoir de difficulté à trouver un financement. « Cette réponse doit toutefois être nuancée : nos clients sont des filiales de multinationales et le financement est souvent traité au niveau de la maison mère », relève le consultant. Quelque 37 % s’attendent tout de même à ce qu’un financement soit plus difficile à obtenir à l’avenir.
CHARGES SALARIALES : L’ÉTERNEL PROBLÈME
D’autres réponses étaient plus attendues. Ainsi, 84 % sont d’avis qu’il faut poursuivre le débat sur les charges salariales. Quelque 69 % des managers estiment quant à eux que la pénurie de cadres qualifiés donne plus de pouvoir aux syndicats dans la négociation salariale. 69 % des managers pensent également que le management local des multinationales gardera son importance et ne se limitera pas à l’avenir à l’exécution pure et simple de décisions prises dans les sièges sociaux à Paris, Londres ou New York. « Il faut être prudent avec cette réponse qui relève peut-être du ‘wishful thinking’, observe Michel Van Hemele. La question revient en réalité à demander au manager s’il a son mot à dire. »
PAS D’ÉCOLE ÉLITISTE
Autre thème investigué par Essensys : l’enseignement. «On constate que malgré les plaintes répétées des entreprises et leur implication croissante dans certaines formations, l’écart se maintient entre la productivité attendue par les entreprises et le rendement effectif des jeunes à la sortie de leurs études. Les entreprises continuent à se plaindre que les jeunes diplômés ne sont pas aptes à travailler tout de suite. » 86 % des entreprises estiment devoir participer pleinement à l’organisation et au contenu de l’enseignement pour contrer la pénurie et s’assurer un personnel aux justes compétences. 76 % réfutent cependant l’idée qu’il faille des écoles élitistes à la française, prônant le maintien d’une politique d’égalité des chances. « Régulièrement, des chefs d’entreprises lâchent un ballon en disant qu’il faudrait des écoles formant les futurs chefs d’entreprises.
On a voulu sonder ce thème auprès de nos clients, mais les répondants n’ont pas adhéré à cette thèse ».
Copyright © L’Echo (Françoise Antoine), 02/2009
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