Article - "Essensys place des top managers pour régler les problèmes urgents"


x Echo de la Bourse - 08/2008

Essensys place des top managers pour régler les problèmes urgents

Concept anglosaxon, l’intérim management est un métier en pleine croissance. Leader belge, Essensys mène la danse avec près de 200 missions par an.

Essensys, leader en Belgique dans le marché de l’interim management avec une part de marché estimée à 20%, est issu de la scission des activités de Ernst&Young en décembre 2004. En 2007, le groupe a réalisé 170 missions de haut vol pour un chiffre d’affaires de 13,6 millions d’euros et une marge de 12%. Dans sa base de donnée : le nom de quelque 1.865 oiseaux rares, dont 400 à Paris et 250 à Amsterdam, où Essensys dispose également de bureaux.
« Notre base de données est mouvante, commente le CEO d’Essensys Michel Van Hemele. Nous sommes contactés par 50 à 60 personnes chaque mois, desquels on retient 10 à 12 CV intéressants. »
98% des personnes reprises dans la base de données de l’expert sont universitaires et ont entre 38 et 55 ans. « Il est difficile de mettre les personnes de plus de 55 ans sur une mission », regrette le CEO. Lui-même, âgé de 52 ans, se trouve au faîte d’une carrière qui l’a mené du secteur bancaire (Générale de Banque) à la restauration (Carestel) en passant par les services en ressources humaines (Creyf’s-Solvus). « Entre deux candidats potentiels, les clients ont tendance à privilégier le plus jeune. On associe à tort âge, dynamisme et input. En matière d’intégration de groupes ‘difficiles’, la Belgique a dix ans de retard sur la Hollande. Cela vaut pour les 55+. Mais avec la pénurie de talents qui menace, la donne va changer, par la force des choses. »
Pour les missions acceptées par Essensys, l’expérience des aînés représente en effet un atout essentiel. Un quart des missions concernent des fonctions de directeur général ou de responsable de business unit. Un quart sont des missions de directeur financier ; 15% de directeur de ressources humaines - un poste qui revêt une importance toujours plus cruciale dans les entreprises. Le solde se partage enfin entre des missions de directeur de ventes et marketing, de production, de logistique et achat ou encore d’informatique.
Les entreprises qui font appel à l’intérim management le font à 55% pour restaurer la rentabilité dans une période de changement voire opérer une restructuration ; 25% demandent des missions de remplacement ; 20% enfin des missions d’expertise.
La prise de responsabilité étant de courte durée (7 mois en moyenne, mais pouvant s’étendre de 3 mois à quelques années), il convient de trouver des gens immédiatement opérationnels. « Nous recherchons des profils verticaux, des spécialistes, pas des généralistes, explique Michel Van Hemele. Le client a besoin de résoudre un problème d’urgence, il ne faut pas que la personne ait besoin de trois mois pour comprendre la situation. D’où l’importance de la première sélection. »
Le CEO distingue à cet égard deux types de profils dans les candidatures entrantes. « Il y a d’abord les personnes victimes d’un accident de parcours : en cas de fusion par exemple, où l’on se retrouve tout à coup avec deux CFO. Ensuite, il y a les gens entre 35 et 42 ans, qui font le choix de devenir indépendants parce qu’il y a une forte demande pour leurs connaissances et capacités, et qu’ils ont l’espoir de gagner davantage pendant au moins cinq ans. Toujours dans cette deuxième catégorie, vous avez aussi ces gens qui sont des cracks dans leur métier, qui n’aiment pas la politique des multinationales et ne souhaitent pas entrer dans des jeux de pouvoir pour gravir les échelons. L’entonnoir joue dans le premier cas. En revanche, la qualité moyenne des gens du deuxième groupe est deux fois plus importante que dans le premier. »
Outre ses activités de placeur, Essensys exerce également comme chasseur de tête (17% de ses heures) et est actif dans le coaching de managers en place (3%). Le concept anglo-saxon rencontrant par ailleurs, lentement mais sûrement de plus en plus d’écho dans le sud de l’Europe, il n’est pas exclu que des bureaux soient ouverts prochainement en Espagne et en Italie, dans le but de créer un réseau européen intégré.

Pour quoi une entreprise fait appel à un manager par intérim ?

IP Globalnet est active dans les services de contact center. Créée en 1999, elle met tous les jours 1.100 personnes au travail sur les sites de Hasselt, Louvain et Bruxelles. En cinq ans, la jeune société a quintuplé son chiffre d’affaires (37 millions d’euros en 2007). Sur les six premiers mois de l’année 2008, les ventes ont encore connu une hausse de 11% tandis que l’Ebitda a grimpé de 78%.
« C’est une société qui connaît une croissance extraordinaire et il faut pouvoir structurer l’entreprise et construire un management suffisamment fort pour soutenir cette croissance », explique le CEO Hubert Laterre.
Cette crise de croissance nécessite des personnes aptes à la gérer. Chez IP Globalnet, cela se traduit par la présence dans l’entreprise de pas moins de trois managers par intérim : le CEO lui-même, le directeur informatique (via Essensys) et le directeur des ressources humaines.
« Il y a plusieurs raisons pour une entreprise de se tourner vers l’intérim management, explique le CEO Hubert Laterre, fondateur notamment de Sherpa.be, leader belge de la billetterie en ligne. Nous sommes dans un processus de changement et la vitesse d’exécution est primordiale. En situation de crise, il faut regarder autour de soi pour voir si l’on dispose des talents pour résoudre le problème dans les délais fixés. » Si on ne les trouve pas en interne, il faut donc se tourner vers l’extérieur.
« Ensuite, certaines entreprises ne peuvent peut-être pas s’offrir le niveau d’expertise de certaines personnes, dans certaines fonctions, pour une durée plus longue. Par exemple, concernant le directeur informatique par intérim Albert Timmermans, j’avais besoin d’un certain niveau d’expertise pour apporter une nouvelle vision. Une fois le plan stratégique mis au point, on n’aura plus besoin des mêmes compétences. »
L’intérim management est coûteux, avoue sans ambages le CEO, « d’autant plus qu’on prend un profil supérieur aux besoins réels de l’entreprise. Après, quand on repasse dans une situation normale, on peut se permettre d’avoir un profil moins élevé. Cela dit, le prix de l’intérim management se justifie, étant donné la totale flexibilité de la formule. »
Un autre argument en faveur du procédé, selon le CEO, est la vitesse de recrutement. « Alors qu’un recrutement normal dure de trois à six mois, compte tenu du préavis à donner par le candidat, j’avais Albert dans mon bureau en trois semaines. C’est très important pour une entreprise. Pour le DRH, ce fut le même phénomène : trois semaines se sont passées entre le briefing de l’agence et la réponse. »
Arrivé en septembre 2007, à l’origine pour trois mois, Hubert Laterre a accepté un prolongement de sa mission à 12 puis 18 mois, jusqu’à la fin 2008. Le directeur informatique Albert Timmermans restera jusqu’en septembre, avant d’assurer la transition en préparant sa succession. Le DRH par intérim est venu quant à lui seconder la DRH en place. « Sa mission est extrêmement importante. On a dédoublé temporairement ce département en attirant quelqu’un qui a des connaissances techniques importantes en gestion des ressources humaines, explique Hubert Laterre. Il s’agit de revoir le système d’évaluation du personnel, d’établir une nouvelle politique salariale et de renforcer le pôle recrutement. Essentiel étant donné les problèmes que l’on rencontre à trouver certains profils linguistiques. »

Profession : manager par interim

Albert Timmermans a fait le grand saut en mai 2000. Il avait alors 45 ans. L’ingénieur informaticien originaire du Limbourg avait été successivement directeur informatique chez CitiBank durant 10 ans puis chez Base pendant 2 ans. Ce dernier fut son premier client en tant qu’indépendant : un contrat de deux mois… « Mais je ne suis pas resté un seul jour sans travail », se souvient-il. Les missions se sont enchaînées : la restructuration du département informatique chez KPN en Hollande pendant 9 mois, une mission de consultance chez Xansa pendant 15 mois, puis Base à nouveau, pour trois ans cette fois…
« J’ai ensuite pris une pause forcée de deux mois. Fin 2005, le marché n’était pas facile. » Mais les affaires ont repris : Alcatel, Cap Gemini, Atos Origin, avant d’atterrir chez IP Globalnet en octobre 2007, pour 12 mois.
Sa mission : auditer le service informatique et former une stratégie pour les années à venir, avec notamment la création d’un nouveau département de support aux équipes de ventes et aux services opérationnels, pour que ces derniers se concentrent sur leurs missions de base.
Pour Albert Timmermans, pas question de s’éterniser cependant, malgré de nombreuses sollicitations... « Ce que j’aime, ce sont les challenges. Je ne veux pas retomber dans le quotidien, les opérations. Je veux mettre en place une solution. J’aime travailler avec les gens, sur différents projets. L’aspect coaching du métier me plaît également, lorsque je dois trouver des gens pour me remplacer et poursuivre le travail. »
Albert Timmermans possède sa propre société, Bu.T, mais travaille également via des agences telles qu’Essensys. Une différence : les agences suivent de près les missions de leurs protégés. « Cet accompagnement est important, surtout au début de la mission. Si cela ne se passe pas bien, je veux en effet qu’ils interviennent. Des problèmes peuvent naître si la mission ne s’avère pas claire ou s’il y a eu une mauvaise définition au départ des attentes et des besoins. Au début d’une mission, Michel Van Hemele (CEO d’Essensys) appelle toutes les semaines pour s’informer de l’évolution du projet, ensuite une fois par mois environ. »
A 52 ans, l’ingénieur compte bien poursuivre sur sa lancée. S’il éprouvait du stress au début, craignant une période d’inactivité forcée, il avoue aujourd’hui que passer deux ou trois mois à la maison ne le dérangerait plus. « Au début, je n’osais même pas prendre congé. Cette année, je prendrai tout octobre, c’est déjà décidé. »

Copyright © Echo de la Bourse, 08/2008


Other interesting Press Releases:

Zes hardnekkige clichés over interim management15-07-2010
In de wieg gelegd voor crisis management02-06-2010
Brengt de interim-coach redding?15-03-2010
Le coach intérimaire, la bouée de sauvetage15-03-2010
Investir en RH pour développer le business15-01-2010